414 NEWFOUNDLAND (TREASURY BOARD) v. N.A.P.E. Binnie J. [2004] 3 S.C.R. . . . The seriousness of inflation underlined by the Court’s decision in Re Anti-Inflation Act supports the characterization of Parliament’s objective in the present case as relating to a “pressing and substantial concern”. I am of the opinion, therefore, that the objective of reducing inflation was, at the time of passage of the Act, an objective of sufficient importance for the purpose of s. 1 of the Charter. . . . La gravité de l’inflation, soulignée par la Cour dans le Renvoi : Loi anti-inflation, justifie la qualification de l’objectif du législateur fédéral en l’espèce comme se rapportant à une « préoccupation urgente et réelle ». Je suis donc d’avis que l’objectif de réduire l’inflation était, à l’époque de l’adoption de la Loi, un objectif d’une importance suffisante pour les fins de l’article premier de la Charte. See also Wilson J., dissenting, at p. 455. Voir aussi les motifs dissidents de la juge Wilson, à la p. 455. 74 In my view, the union’s argument that budgetary issues should effectively be given no weight in these circumstances goes too far. With respect, the need to address a fiscal crisis such as that described by the President of the Treasury Board was a pressing and substantial legislative objective. J’estime que le syndicat va trop loin lorsqu’il soutient qu’en fait aucune importance ne doit être accordée aux questions budgétaires dans ces circonstances. En toute déférence, la nécessité de remédier à une crise financière comme celle décrite par le président du Conseil du Trésor était un objectif législatif urgent et réel. 75 Loss of credit rating, and its impact on the government’s ability to borrow, and the added cost of borrowing to finance the provincial debt which, in the case of Newfoundland, requires “[h]undreds of millions of dollars every year in interest” (Hansard, supra, at p. 362), are matters of high importance. The President of the Treasury Board told the House of Assembly that “the financial health of the Province was at stake” (Hansard, supra, at p. 359). The Newfoundland Government had already experienced a period of trusteeship in the 1930s, a fact glumly referred to by the President of the Treasury Board in his speech. The financial health of the Province is the golden goose on which all else relies. The government in 1991 was not just debating rights versus dollars but rights versus hospital beds, rights versus layoffs, rights versus jobs, rights versus education and rights versus social welfare. The requirement to reduce expenditures, and the allocation of the necessary cuts, was undertaken to promote other values of a free and democratic society: Oakes, supra, at p. 136; M. v. H., [1999] 2 S.C.R. 3, at para. 107. And, as Sopinka J. pointed out in Egan v. Canada, [1995] 2 S.C.R. 513, at para. 104, “[I]t is not realistic for the Court to assume that there are unlimited funds to address the needs of all.” La perte d’une cote de crédit et son incidence sur la capacité d’emprunt du gouvernement ainsi que les coûts supplémentaires liés aux emprunts nécessaires pour financer la dette de la province qui, dans le cas de Terre-Neuve, requiert le paiement de [TRADUCTION] « [c]entaines de millions de dollars d’intérêts par année » (Hansard, op. cit., p. 362) sont des questions très importantes. Le président du Conseil du Trésor a affirmé devant l’Assemblée législative que « la santé financière de la province était compromise » (Hansard, op. cit., p. 359). Le gouvernement de Terre-Neuve avait déjà été en tutelle pendant une certaine période des années 30, un triste souvenir que le président du Conseil du Trésor a évoqué dans son allocution. De la santé financière de la province dépend tout le reste. En 1991, le gouvernement ne discutait pas seulement de droits par opposition à des dollars, mais également de droits par opposition à des lits d’hôpitaux, de droits par opposition à des mises à pied, de droits par opposition à des emplois, de droits par opposition à l’éducation et de droits par opposition à l’aide sociale. Les réductions de dépenses requises et leur répartition visaient à promouvoir d’autres valeurs d’une société libre et démocratique : Oakes, précité, p. 136; M. c. H., [1999] 2 R.C.S. 3, par. 107. Et comme l’a souligné le juge Sopinka dans l’arrêt Egan c. Canada, [1995] 2 R.C.S. 513, par. 104, « [l]a Cour ferait preuve d’un manque de réalisme si elle présumait qu’il existe des ressources inépuisables pour répondre aux besoins de chacun. »

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