ARRÊT SOCIETE DE GESTION DU PORT DE CAMPOLORO ET
SOCIETE FERMIERE DE CAMPOLORO c. FRANCE
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45. Par un arrêt du 5 juillet 2004, la cour administrative d'appel de
Marseille confirma le jugement du 5 octobre 2000 :
« (...) Considérant que, conformément aux dispositions susrappelées, le préfet de
Haute Corse a, par une lettre du 14 août 1992, mis en demeure le maire de la
commune de Santa Maria Poggio de mandater les sommes dues en exécution des
jugements du Tribunal administratif de Bastia en date du 10 juillet 1992 ; qu'après
avoir renouvelé cette mise en demeure le 28 décembre 1992, il a rappelé au maire, par
lettre du 12 mars 1993, qu'il devait inscrire au budget de la commune les sommes
nécessaires au règlement de la condamnation ; qu'il a saisi ensuite le 30 avril 1993 la
chambre régionale des comptes de Corse au titre de l'article 8 de la loi du 2 décembre
1982 au motif que les crédits inscrits en dépense du budget annexe du port de Taverna
pour le règlement d'une somme de 59.396 F n'avaient pas pour contre-partie des
recettes ; qu'après avis de la chambre régionale des comptes, il a mis en demeure le
maire d'inscrire la somme en cause au budget de la commune, puis, après l'échec de
cette mise en demeure, procédé d'office, le 15 juin 1993, à l'inscription d'une mesure
de 59.396 F et mandaté le même jour d'office une somme de 50.000 F au profit de
chaque société demanderesse ; que, sur nouvelle saisine du préfet, la chambre
régionale des comptes a déclaré insincère, le 24 novembre 1994, une recette de
59.896 F inscrite au titre du règlement de cette créance ; que, par lettre du
14 janvier 1994, le préfet a rappelé au maire la nécessité de prendre les mesures
propres à l'exécution des décisions de justice susrappelées, en portant notamment les
taux de la fiscalité à leur plafond, en réduisant au minimum les dépenses et en
envisageant les possibilités d'aliénation des biens communaux ; qu'il a, par arrêté du
20 avril 1994, fixé les taux d'imposition pour 1994 à leur niveau plafond, puis saisi la
chambre régionale des comptes du budget primitif pour 1994 sur le fondement de
l'article 8 de la loi du 2 mars 1982 et mandaté d'office, par arrêté du 26 août 1994,
1.063.795 F à la SA Société de Gestion du Port de Campoloro et 517.497 F à la
Société Fermière de Campoloro ; qu'enfin, il est constant que la commune ne pouvait
légalement, en tout état de cause, envisager de recourir à l'emprunt pour assurer le
financement d'une dépense qui, tels par exemple que le paiement d'une condamnation
pécuniaire prononcée par une juridiction ou le remboursement d'emprunts
antérieurement contractés, doit être inscrite à la section de fonctionnement de son
budget ;
Considérant que l'ensemble des diligences ci-dessus rappelées ont été accomplies
par le préfet de Haute Corse dans la limite des compétences confiées par le législateur
au représentant de l'Etat pour parvenir au règlement par la commune de Santa Maria
Poggio des sommes dont celle-ci était débitrice en exécution des jugements du
10 juillet 1992 sus évoqués, lesquelles n'incluent pas le pouvoir de se substituer aux
organes de la commune pour faire procéder d'office à l'aliénation des biens
communaux ; qu'il s'ensuit que le préfet n'a ni entaché d'illégalité ni par conséquent,
commis aucune faute susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat, en rejetant, par
la décision en litige du 24 décembre 1996, les demandes que lui avaient présentées à
cette fin, les sociétés requérantes ; (...)».
46. Le 6 septembre 2004, les requérantes formèrent un pourvoi en
cassation contre cet arrêt.
47. Par un arrêt du 18 novembre 2005, le Conseil d'Etat annula la
décision du préfet de la Haute-Corse du 24 décembre 1996, le jugement du
5 octobre 2000 et l'arrêt d'appel du 5 juillet 2004 :