des traitements inhumains ou dégradants, portant ainsi une atteinte grave et manifestement
illégale à une liberté fondamentale ; que, par suite, c'est à bon droit que le juge des référés du
tribunal administratif de Lille a enjoint à l'Etat, dès lors que les mesures à prendre pour faire
face à l'afflux massif de migrants en provenance de l'ensemble du territoire national sur le site
de la Lande excèdent les pouvoirs de police générale du maire de la commune, et, dans la
mesure où son intervention serait requise, en sa qualité de propriétaire de certains des
immeubles concernés et en vertu des conventions passées avec l'Etat, pour permettre la mise en
oeuvre des injonctions ordonnées, à la commune de Calais, de créer sur le site de La Lande dix
points d'eau supplémentaires comportant chacun cinq robinets, cinquante latrines à fosse ou
cuve étanche compte tenu de la nature sablonneuse du terrain d'assiette du camp, de mettre en
place un dispositif de collecte des ordures avec l'installation de conteneurs-poubelles mobiles
de grande capacité à l'intérieur du site et/ou de bennes supplémentaires, de procéder à un
nettoyage du site et, enfin, de créer un ou plusieurs accès à l'intérieur du camp pour permettre
l'accès des services d'urgence et le cas échéant le déplacement des conteneurs-poubelles, les
mesures ainsi prescrites devant connaître un début de réalisation dans un délai de huit jours,
sous astreinte pour chacune d'elles de 100 euros par jour de retard ;
En ce qui concerne l'appel incident de l'association Médecins du monde et autres :
15. Considérant, en premier lieu, que l'association Médecins du monde et autres ont demandé,
notamment, qu'il soit enjoint aux autorités concernées de mettre en oeuvre les dispositions du
quatrième alinéa de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales, de procéder
à un inventaire des ressources foncières publiques afin que les bâtiments inoccupés soient
affectés au logement temporaire et d'urgence des personnes contraintes de vivre dans le
bidonville de Calais, de faire procéder à des travaux d'assainissement des terrains du bidonville
permettant l'installation temporaire d'habitations salubres et non inondables et de faire procéder
à l'organisation d'une représentation permanente de différents acteurs institutionnels et privés
destinée à assurer un système efficace, complet et coordonné d'information des demandeurs
d'asile dans le bidonville de Calais ainsi que l'organisation de missions d'information foraines
à l'attention des demandeurs d'asile dans le bidonville de Calais ; que, toutefois, eu égard à leur
objet, les injonctions sollicitées ne sont pas au nombre des mesures d'urgence que la situation
permet de prendre utilement et à très bref délai ; qu'ainsi, c'est à bon droit que le juge des référés
du tribunal administratif de Lille a retenu qu'elles ne relevaient pas du champ d'application de
l'article L. 521-2 du code de justice administrative et ne pouvaient, par suite, qu'être rejetées ;
16. Considérant, en deuxième lieu, qu'il résulte de l'instruction que, alors même que les
personnes présentes sur le site de la Lande ne demandent pas spontanément l'asile et qu'une
partie d'entre elles s'y refuse, les migrants en besoin de protection sont encouragés à déposer en
France une demande d'asile à travers des maraudes ou permanences de l'Office français de
l'immigration et de l'intégration (OFII) sur les lieux de vie ; qu'une information leur est apportée
; que l'office et son opérateur, l'association AUDASSE, tout comme l'association Secours
Catholique effectuent une première information ; que l'association l'AUDASSE, dont les
moyens ont été renforcés, a été installée dans des locaux plus faciles d'accès pour les migrants
; que le nombre des demandes d'asile déposées depuis le début de l'année 2015, qui s'élève à
environ 2 200, a plus que doublé par rapport au nombre des demandes déposées en 2014 et plus
que quadruplé par rapport au nombre des demandes déposées en 2013, tout en faisant l'objet
d'un traitement dans un délai d'une quarantaine de jours ; que le nombre de places en centre
d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) a été augmenté, avec 18 500 places créées ou
programmées et 4 000 places en accueil temporaire ; que, si les associations défenderesses
soutiennent, sans remettre en cause la réalité de ces informations, que les mesures mises en